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Trekking au Népal, quel Bonheur !

 

(Marc Démolis, guide de haute montagne, Le Pays d'En Haut)

 

Déjà 24 années, le temps a passé depuis mon premier trekking au Népal, mené tambour battant avec celui qui allait devenir mon ami, Nima Thundu Sherpa. Tambour battant, car sur ce Tour des Annapurnas, je disposais de peu de temps pour faire l'intégralité du parcours; nous étions donc partis à deux, Nima et moi, pour repérer les étapes, les sites culturels, les belvédères, les lodges, tout ce qui contribue au succès d'un premier trekking en Himalaya.

 

C'est là que j'ai découvert, au-delà de la beauté des paysages, monastères et sommets qui seule m'intéressait à priori, la beauté intérieure des Népalais, Sherpas, Newars, Tamangs, Chettris, Gurungs, Rais, ciment qui unit toutes les ethnies népalaises. Les sourires échangés faute de connaissance de la langue de l'autre, la gentillesse et les attentions de Nima, des propriétaires des lodges rustiques ou confortables qui nous accueillaient, les yeux interloqués des paysans croisant dès l'aube sur les sentiers notre duo, mené par Nima, moi m'escrimant à l'arrière pour photographier tout ce qui m'entourait ...

 

Le Thorung La, célèbre col que franchit le Tour des Annapurnas, fut le lieu et l'instant où je ressentis les prémices de ce virus qui depuis me fait tourner la tête vers l'Est, dans toutes les montagnes des Alpes que je gravis à skis ou en crampons, pensant au "futur voyage au Népal", dans quelques mois. Cette maladie "futuriste" est bien présente chez tout montagnard qui se sera rendu au moins une fois au Népal, et par chance ne connaît aucun traitement.

 

Comme moi au col du Thorung La, assis, ou plutôt cloué par la vue extraordinaire qui se dévoilait à moi, pressentant que descendre l'autre versant du col me conduirait trop vite au terme du trekking et au retour en Europe, chaque trekker qui décolle de Kathmandu vers son pays ressent les premiers symptômes de cette douce maladie : une tristesse diffuse de quitter ses amis Sherpas et leur pays, le bonheur de voler vers les siens, et déjà l'esprit qui trottine sur un futur sentier népalais, l'an prochain, plus haut ?, plus beau surtout !.

Après ce voyage de repérage, vinrent les premiers groupes que j'encadrais au Népal avec Nima. Petites angoisses sur les premiers départs, le groupe vivra t'il aussi fortement que moi le bonheur de marcher au Népal, auront-ils tous le regard sur la montre ( combien de temps jusqu'au prochain village ? j'ai fait l'étape de 17 kms en 3 heures 18 minutes ! quand-est ce qu'on mange ? ... ) ou bien plongeront-ils leurs yeux dans le regard des Népalais, de la rivière en contrebas jusqu'aux hauts sommets ? Ouf, à chaque fois, la magie du Népal a opéré, la montre, symbole de notre rythme de vie en Occident, n'a plus servi à rien, et ce bonheur de la marche tout là-haut a envahi les coeurs et sourires de toutes et tous.

 

Mon rôle, loin des couloirs et arêtes des Alpes, est totalement différent du travail classique d'un guide, si on met de coté les journées d'ascension d'un sommet glaciaire himalayen.

 

En trek, marchant avec le groupe, je suis là pour freiner les sprinters qui risquent de se griller en altitude, surveiller que chacun s'acclimate en douceur, expliquer, traduire ou répondre le moins mal possible à toutes les questions qui fusent à la vue des hautes vallées et de leurs habitants, rassurer par ma présence et celle de ma pharmacie et de mon caisson de recompression, motiver sans user, et surtout faire la liaison avec toute l'équipe népalaise, Sherpas, cuisinier et assistants, porteurs. Beaucoup de tâches apparemment, mais, grâce au fantastique état d'esprit de toute cette équipe népalaise, tournée vers nous et nos besoins, très vite chaque voyageur se sent un peu membre de l'équipe, un peu Sherpa, un peu Népalais. 

 

Un respect naît face à la volonté des porteurs, à leur gentillesse et à celle des Sherpas, un fil invisible relie bien vite tous les membres du groupe, alors même que parfois seuls 4 ou 5 mots sont connus de leur langue, mais tous se sentent inclus dans cette équipe qui visite et traverse les montagnes. Cette symbolique du fil reliant trekkers et népalais se retrouve dans le foulard sacré, le Kata, que Nima remet à chaque participant avant qu'il ne quitte le Népal : le Kata n'est pas coupé en ses extrémités, mais volontairement effilé pour symboliser le fil qui unira toujours le trekker au Népal, quelle que soit la distance.

 

Marchant avec le groupe, ou en son arrière-garde, c'est avec un peu de jubilation que j'observe comment, très vite, chaque trekker trouve sa place dans ce pays, et réapprend à sourire, quasi constamment, pris par la sérénité et la gentillesse de toutes les rencontres au fil du chemin.

 

A ce moment là, je sais que comme d'habitude, grâce à mes amis népalais, ce nouveau voyage sera un succès. 

 

Et aujourd'hui, face aux écrans de mes PC, il ne me reste plus qu'à penser au "futur voyage au Népal", dans quelques mois ...

 

Namaste !

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